Les vins PIWI regardent vers l’avenir : «Pas une menace pour l’identité des DOC ou DOCG»

Image
I vini Piwi guardano al futuro: “non sono una minaccia all’identità di Doc o Docg”
Capture d’écran de l’article original
Titre de l'article
I vini Piwi guardano al futuro: “non sono una minaccia all’identità di Doc o Docg”
Lien vers l'article
Date de publication

Résumé

Nicola Biasi n’est guère adepte des déclarations nuancées. Le réseau «Resistenti Nicola Biasi» – Albafiorita, Tenuta della Casa en Friuli-Venezia Giulia, Ca’ da Roman, Colle Regina et Poggio Pagnan en Veneto, Oddone Prati en Piemonte, Vin de la Neu en Trentino et Progetto Mosella en Allemagne – plaide depuis un certain temps dans le même sens : les cépages résistants ne constituent pas une menace pour l’identité du vin italien. Lors d’une conférence de presse à Trente le 20 mai 2026, Biasi l’a formulé assez clairement. Une appellation qui panique à l’idée d’incorporer 10–15% de cépages résistants a peut-être une identité moins solide qu’on ne le pense.

La situation réglementaire est familière à quiconque suit ce débat. La culture PIWI est officiellement autorisée dans huit régions italiennes – Trentino-Alto Adige, Veneto, Friuli-Venezia Giulia, Lombardia, Emilia-Romagna, Marche, Abruzzo et Piemonte – pourtant la superficie totale plantée atteint à peine 2 000 hectares, presque entièrement concentrés dans le nord-est. L’UE autoriserait les cépages résistants dans les appellations, mais le Testo Unico del Vino italien (loi 238/2016, art. 33 comma 6) leur interdit encore le statut DOC et DOCG, les confinant pour l’instant aux vins IGT. La contrainte n’est pas uniforme – une DOC multi-cépage dispose d’une marge de manœuvre plus évidente qu’une dénomination strictement mono-cépage comme Barolo – mais dans tous les cas, la catégorie se trouve dans une sorte de salle d’attente, légalement tolérée mais pas encore admise au niveau prestige.

L’argument environnemental en faveur du PIWI est réel, bien que Biasi se méfie de s’y appuyer trop lourdement comme argument de vente. Les données du réseau indiquent une réduction de 38% des émissions de CO2 par rapport à la viticulture conventionnelle, et les différences pratiques au vignoble sont tangibles – moins de passages de tracteur, moins de gazole, moins de sol compacté, des viticulteurs manipulant bien moins de produits phytosanitaires. Tout cela peut intéresser les consommateurs, dit-il, mais ils ne reviendront que si le vin est bon. Le vrai travail, autrement dit, se fait en cave.

Il y a un argument culturel sous-jacent qui tend à se perdre. Biasi pense que l’Italie est trop attachée au cépage et pas assez au territoire – que le cépage devrait être un vecteur, et non la destination. Et à cela s’ajoute une frustration plus pratique : le PIWI est encore discuté comme s’il s’agissait d’une chose unique. Souvignier Gris, Johanniter, Bronner, Soreli, Solaris, Cabernet Eidos, Cabernet Cortis – les différences entre eux sont au moins aussi significatives que les différences entre Merlot, Sangiovese et Teroldego. Aucun d’entre eux n’est non plus des OGM, un fait qui apparemment doit encore être précisé dans un secteur qui traite la nouveauté avec méfiance.

Parmi les cépages, Souvignier Gris est celui dont Biasi parle le plus. Il le signale comme particulièrement significatif – bonne rétention de l’acidité, une gamme de styles allant du pétillant au macéré, et à ses yeux la preuve la plus claire que ces raisins, vinifiés correctement, peuvent dire quelque chose sur le territoire dont ils sont issus plutôt que simplement sur eux-mêmes.

Notre commentaire

Cet article est une tribune pour les opinions de Biasi, et il convient de le préciser clairement. Le texte est un portrait, et en tant que portrait il remplit son office – Biasi est éloquent, son argument est intéressant et il bénéficie d’une écoute approfondie et bienveillante. Mais la provocation centrale, selon laquelle une dénomination inquiète d’une poignée de ceps résistants fait essentiellement la publicité de sa propre fragilité, reste totalement sans réponse. C’est une belle formule. Il existe un contre-argument raisonnable que personne n’avance : les règles d’appellation fonctionnent en partie parce qu’elles ne sont pas flexibles, et chaque exception bien intentionnée crée un précédent. Les données environnementales sont citées sans aucun contexte sur la façon dont elles ont été mesurées ni par qui. Le débat plus large – comment les consortiums réagissent concrètement, à quoi ressemble le parcours législatif, ce que pensent les autres producteurs – est mentionné, mais guère davantage. Le format du portrait dans la presse spécialisée exige rarement un questionnement rigoureux, et celui-ci ne fait pas exception.

À propos de l'auteur

Aucun auteur individuel n’est crédité, bien que WineNews attribue parfois des articles à l’ensemble de la rédaction plutôt qu’à un journaliste nommément désigné, et ce semble être l’un de ces cas. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un contenu éditorial construit autour d’un entretien avec Biasi, et il se lit en conséquence – ses arguments parcourent l’article sans être contestés, ses données ne sont pas vérifiées et le cadrage reste bienveillant du début à la fin. Cela reflète peut-être simplement les conventions du portrait dans la presse spécialisée, où le sujet a tendance à bénéficier d’une écoute favorable. Mais Biasi est aussi l’opérateur commercial du réseau que l’article promeut en substance, et l’absence de toute voix indépendante mérite d’être relevée.

À propos de l'éditeur

WineNews existe depuis 2000 et est véritablement ancré dans le monde du vin italien – bien connecté, très lu dans le secteur et étroitement lié à lui sur le plan commercial. La page hébergeant cet article affiche des bannières publicitaires de dizaines de producteurs et consortiums italiens, dont plusieurs ont un intérêt direct dans les questions réglementaires que l’article aborde. Rien de tout cela ne rend le contenu inexact, mais cela explique le registre éditorial : globalement favorable à l’industrie, réticent à prendre des positions inconfortables, plus intéressé à donner la parole aux gens qu’à interroger ce qu’ils disent. Agréable à lire, mais pas l’endroit où chercher des questions difficiles.